Finalement, 2006 aura été une année cubaine.
Non pas parce que les musiques cubaines y ont triomphé : les héros de l’épopée Buena Vista Social Club disparaissent un à un, personne ne les remplace dans le cœur du public, la mode semble s’être détournée de l’île pour un long moment. Pas non plus parce que ma cycliste préférée et moi avons sillonné l’île à vélo l’été dernier et que nous y avons connu quelques uns des moments les plus agréables des douze derniers mois.
Non, 2006 aura été une année cubaine parce que nous ne l’avons pas plus maîtrisée qu’un Cubain ne maîtrise son sort. Les Cubains attendent sans rien pouvoir faire que la disparition de Fidel Castro change leur mode de vie, pour le meilleur ou pour le pire. De mon côté, je ne me suis pas senti en 2006 beaucoup plus maître de mon destin qu’un Cubain. En France, nous avons passé l’année à nous demander qui, du rude Nicolas ou de la raide Ségolène, prendrait les rênes en 2007. Dans l’industrie de la musique, nous avons passé l’année à attendre une solution technologique au marasme dans lequel nous nous embourbons.
2006 n’a pas été désagréable pour autant. Il faut imaginer les Cubains heureux, comme les Libanais (même s’ils ne contrôlent pas ce qu’il advient de leur petit pays), comme les Français (même s’ils se demandent, en tâtonnant dans le brouillard, ce qu’ils vont devenir).
Mais 2007 est déjà là et le vent du changement souffle fort. Cette nouvelle année ne sera pas une année d’immobilisme. Tant mieux.
Bon vent à toutes et à tous …
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04 janvier 2007
15 décembre 2006
Quelque chose ne passe pas ...
Ca ne passe pas chez blogger.com. La liberté d'y déposer des commentaires semble réduite. Je fais donc ici un copier-coller du message de Sébastien ...
"Salut François. Puisque tu nous donnes l'opportunité d'écrire sur un album marquant de l'année,
et que j'aime les mélanges moi aussi, tout comme Farid, je vais porter ton (votre) attention sur un disque mystérieux dont personne, dans la critique musicale nationale autorisée, n'a parlé. En tout cas, je n'en ai vu fait mention nulle part. Alors voilà, il s'agit de "the world is gone" par Various (ou Various Production). C'est ni plus ni moins que le futur de la musique urbaine dans un sens Anglo-centriste. Souvenez-vous, en 1991 Massive Attack sort "Blue Lines", soit l'album manifeste du Trip-Hop. L'album de Various est de cet acabit (si, si je vous assure... j'abuse, mais il y a de ça tout de même). Various, c'est un collectif de musiciens (blancs ? Noirs ? les deux ?) qui avancent masqués, incognitos (comme à la glorieuse période de le techno... renember, Underground Resistance...). Ils pratiquent une musique sub-urbaine (comme on dirait sub-culture) typiquement britannique : le Grime, qui regroupe tout un tas d'artistes indépendants et de sous-genres (dub step, sino grime, two step... etc.). En gros, c'est la mutation complexe de ce que l'on a appelé le U.K. Garage. Soit la rencontre de la drum & bass, du garage et du hip-hop. Vous ne comprenez rien à rien ? C'est pas grave, just listen ! Le Grime (puisque c'est l'étiquette officielle), c'est le hip-hop des anglais, une musique urbaine sombre, sale et noire (d'où le terme), plutôt lente, avec des sons électroniques vraiment "pauvres" (les dj du mouvement adorent les sons de consoles de jeux vidéos par exemple, et les grosses basses). Parfois, ça sonne dub, parfois ça se rapproche
du r'n'b, mais un r'n'b pas du tout glamour et fun. Les artistes du mouvement sont plutôt jeunes et prolos. C'est pour ça aussi que le grime est la seule tendance vraiment révolutionnaire, nouvelle, moderne du moment. Encore une fois, nos amis anglais prouvent que c'est dans le mélange des genres et de l'échantillonnage qu'on crée du neuf. De l'autre côté de la Manche, des artistes comme The Streets, Dizzy Rascal, M.I.A. prouvent que le Grime peut-être commercialement porteur. Le gros de la production reste avant tout underground et axé sur la culture du vinyle (et du web... trouvez les blogs, il y en a plein qui suivent de près l'évolution rapide du mouvement). Comme Massive Attack en son temps, qui a su exploser les fondements de l'Acid Jazz pour créer un style propre, Various Production transcende son propos en mêlant les fondamentaux du Grime au... revival folk actuel ! Et oui, la moitié des morceaux de l'album sont en fait des morceaux folks chantés par de jeunes femmes qu'on imagine diaphanes. En mêlant rythmes urbains arides à la douceur de la geste folk, Various s'invente un style alien qui devrait (on l'espère) inspirer plus largement d'autres artistes. Ne cherchez plus, le futur de la musique est là (en toute mauvaise fois), sous les belles pochettes dessinées du collectif incognito (toutes aussi étranges et à contre-courant
que leur musique). Si l'album, signé sur un "gros" indépendant (XL), est facilement disponible, vous serez un sacré veinard en dénichant la tripoté de 45 t. et de maxi autoproduits qu'ils ont déjà à leur actif (épuisés et introuvables). N'attendez pas une année de plus pour écouter et découvrir Various Production... avant que tout le monde n'en parle !Vous ne le regretterez pas (et ça fait toujours bien dans les dîners branchés). Définitivement un son qui a du sens."
Sébastien, qui, soit dit en passant, joue ce soir au Bottle Shop ...
"Salut François. Puisque tu nous donnes l'opportunité d'écrire sur un album marquant de l'année,
et que j'aime les mélanges moi aussi, tout comme Farid, je vais porter ton (votre) attention sur un disque mystérieux dont personne, dans la critique musicale nationale autorisée, n'a parlé. En tout cas, je n'en ai vu fait mention nulle part. Alors voilà, il s'agit de "the world is gone" par Various (ou Various Production). C'est ni plus ni moins que le futur de la musique urbaine dans un sens Anglo-centriste. Souvenez-vous, en 1991 Massive Attack sort "Blue Lines", soit l'album manifeste du Trip-Hop. L'album de Various est de cet acabit (si, si je vous assure... j'abuse, mais il y a de ça tout de même). Various, c'est un collectif de musiciens (blancs ? Noirs ? les deux ?) qui avancent masqués, incognitos (comme à la glorieuse période de le techno... renember, Underground Resistance...). Ils pratiquent une musique sub-urbaine (comme on dirait sub-culture) typiquement britannique : le Grime, qui regroupe tout un tas d'artistes indépendants et de sous-genres (dub step, sino grime, two step... etc.). En gros, c'est la mutation complexe de ce que l'on a appelé le U.K. Garage. Soit la rencontre de la drum & bass, du garage et du hip-hop. Vous ne comprenez rien à rien ? C'est pas grave, just listen ! Le Grime (puisque c'est l'étiquette officielle), c'est le hip-hop des anglais, une musique urbaine sombre, sale et noire (d'où le terme), plutôt lente, avec des sons électroniques vraiment "pauvres" (les dj du mouvement adorent les sons de consoles de jeux vidéos par exemple, et les grosses basses). Parfois, ça sonne dub, parfois ça se rapproche
du r'n'b, mais un r'n'b pas du tout glamour et fun. Les artistes du mouvement sont plutôt jeunes et prolos. C'est pour ça aussi que le grime est la seule tendance vraiment révolutionnaire, nouvelle, moderne du moment. Encore une fois, nos amis anglais prouvent que c'est dans le mélange des genres et de l'échantillonnage qu'on crée du neuf. De l'autre côté de la Manche, des artistes comme The Streets, Dizzy Rascal, M.I.A. prouvent que le Grime peut-être commercialement porteur. Le gros de la production reste avant tout underground et axé sur la culture du vinyle (et du web... trouvez les blogs, il y en a plein qui suivent de près l'évolution rapide du mouvement). Comme Massive Attack en son temps, qui a su exploser les fondements de l'Acid Jazz pour créer un style propre, Various Production transcende son propos en mêlant les fondamentaux du Grime au... revival folk actuel ! Et oui, la moitié des morceaux de l'album sont en fait des morceaux folks chantés par de jeunes femmes qu'on imagine diaphanes. En mêlant rythmes urbains arides à la douceur de la geste folk, Various s'invente un style alien qui devrait (on l'espère) inspirer plus largement d'autres artistes. Ne cherchez plus, le futur de la musique est là (en toute mauvaise fois), sous les belles pochettes dessinées du collectif incognito (toutes aussi étranges et à contre-courant
que leur musique). Si l'album, signé sur un "gros" indépendant (XL), est facilement disponible, vous serez un sacré veinard en dénichant la tripoté de 45 t. et de maxi autoproduits qu'ils ont déjà à leur actif (épuisés et introuvables). N'attendez pas une année de plus pour écouter et découvrir Various Production... avant que tout le monde n'en parle !Vous ne le regretterez pas (et ça fait toujours bien dans les dîners branchés). Définitivement un son qui a du sens."Sébastien, qui, soit dit en passant, joue ce soir au Bottle Shop ...
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14 décembre 2006
Farid n'entre pas dans la case ...
Allons bon ! Il semblerait qu'il ne soit pas si facile que ça de publier un commentaire sur ce site. Voici donc le commentaire de Farid, qui refuse d'ouvrir un compte Gogol pour un simple message (et il n'a pas tort) ...
"Irie François, que de bons choix. Alors, comme tu demande l'avis de tes lecteurs, perso si je dois rester Franco-français dans ma sélection (et donc jeter aux oubliettes l'album de Filastine "Burn It" chez SOOT Records), j'aurai une préférence pour un artiste que tu connais bien, histoire de bien faire le fayot : Zêdess ... qui va faire un carton avec son "Hongrois au pays des Gaulois". Mais c'est un Africain...Donc pour la France, le seul groupe qui m'a troué le cul comme on dit au pays du beaujolpi
f, c'est le disque de Pienza Ethnorchestra "Indiens d'Europe".Oui, c'est un de mes disques préférés cette année, non que je me sois converti au Jazz, mais simplement parce que j'adore les mélanges, et qu'avec ce disque j'en prends plein la gueule et les oreilles et ça fait du bien. D'ailleurs, ce choix, c'est aussi pour promouvoir un Label 12 Prod, qui dans l'indifférence générale est en train de produire un répertoire qui fera des étincelles tôt ou tard. Voili, voilou, un avis qui ne vaut rien... tant il est vrai que ce qui m'a interessé cette année, ce ne sont pas les albums des majors (j'aurai bien écouté Abd Al Malik ou Katerine), mais les petites initiatives, les auto-prods, comme celles de Karlit et Kabok, Grrzzz, et bien entendu Kamini !"
"Irie François, que de bons choix. Alors, comme tu demande l'avis de tes lecteurs, perso si je dois rester Franco-français dans ma sélection (et donc jeter aux oubliettes l'album de Filastine "Burn It" chez SOOT Records), j'aurai une préférence pour un artiste que tu connais bien, histoire de bien faire le fayot : Zêdess ... qui va faire un carton avec son "Hongrois au pays des Gaulois". Mais c'est un Africain...Donc pour la France, le seul groupe qui m'a troué le cul comme on dit au pays du beaujolpi
f, c'est le disque de Pienza Ethnorchestra "Indiens d'Europe".Oui, c'est un de mes disques préférés cette année, non que je me sois converti au Jazz, mais simplement parce que j'adore les mélanges, et qu'avec ce disque j'en prends plein la gueule et les oreilles et ça fait du bien. D'ailleurs, ce choix, c'est aussi pour promouvoir un Label 12 Prod, qui dans l'indifférence générale est en train de produire un répertoire qui fera des étincelles tôt ou tard. Voili, voilou, un avis qui ne vaut rien... tant il est vrai que ce qui m'a interessé cette année, ce ne sont pas les albums des majors (j'aurai bien écouté Abd Al Malik ou Katerine), mais les petites initiatives, les auto-prods, comme celles de Karlit et Kabok, Grrzzz, et bien entendu Kamini !"
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13 décembre 2006
Et vous ?
C’est amusant, cette participation aux Victoires de la Musique, ça oblige à ne regarder l’année qui s’achève que sous un angle franco-français et à afficher une partialité terrible : j’ai cité Padam parce qu’ils ont souvent joué au café en bas de chez moi, Katerine parce que c’est un ami de mon libraire, … Et pourtant mon année n’a pas aussi hystérique que le tube de Katerine, ni aussi glauque que celui de Padam. Loin de là.
Et vous, qu’avez-vous fait de cette année ? L’avez-vous passée à chanter le blues (en écoutant pour la dernière fois B.B. King) ou à danser sur le comptoir à demi-nu (en écoutant Gnarls Barkley) ? L’avez-vous passée à errer au loin (en écoutant Ali Farka Touré) ou coincé entre le canapé et la télé (en écoutant du Michel Sardou) ? L’avez-vous passée à lever le poing (en écoutant Keny Arkana) ou à baisser les bras (en écoutant Renaud) ? L’avez-vous passée à dorloter des tout petits (en chantonnant du Yann Tiersen) ou à tutoyer le tout-puissant (en écoutant Faiz Ali Faiz) ?
Si vous deviez résumer votre année par un disque, lequel choisiriez-vous ?
Et vous, qu’avez-vous fait de cette année ? L’avez-vous passée à chanter le blues (en écoutant pour la dernière fois B.B. King) ou à danser sur le comptoir à demi-nu (en écoutant Gnarls Barkley) ? L’avez-vous passée à errer au loin (en écoutant Ali Farka Touré) ou coincé entre le canapé et la télé (en écoutant du Michel Sardou) ? L’avez-vous passée à lever le poing (en écoutant Keny Arkana) ou à baisser les bras (en écoutant Renaud) ? L’avez-vous passée à dorloter des tout petits (en chantonnant du Yann Tiersen) ou à tutoyer le tout-puissant (en écoutant Faiz Ali Faiz) ?
Si vous deviez résumer votre année par un disque, lequel choisiriez-vous ?
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