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19 décembre 2006

Adieu Ahmet

Ahmet Ertegun est mort jeudi dernier. Avec lui, disparaît l’un des derniers producteurs de disques à l’ancienne. Dans « Ray », l’assez mauvaise biographie filmée de Ray Charles, son personnage apparaît à plusieurs reprises, dans la chambre d’hôtel du chanteur puis dans un studio, où il lui souffle le texte d’une chanson (« Mess around », qu’il signera A. Nugetre … Ertegun à l’envers). Ahmet Ertegun était effectivement le genre de producteur capable de dialoguer d’égal à égal avec un artiste. Et pas n’importe quels artistes : Ray Charles, donc, mais aussi Aretha Franklin, les Drifters, Stick Mc Ghee (l’auteur de « Drinkin’ wine spoo-dee-o-dee », récemment reprise par Richard Thompson), John Coltrane, Charles Mingus, Wilson Pickett, Led Zeppelin, … D’innombrables géants se sont bousculés dans les bureaux d’Atlantic, son label. Quelques photos pour résumer une vie qui est à elle seule un chapitre de l’histoire de la musique du vingtième siècle …

19 octobre 2006

Mille ans de musique populaire ...

Les Anglais sont formidables. Pas tous, pas tout le temps, mais tout de même … certains Anglais sont formidables. Lorsque Playboy Magazine, au tournant du siècle, a demandé à Richard Thompson de lister les 10 meilleures chansons du millénaire qui s’achevait, les journalistes s’attendaient certainement à ne recevoir qu’une liste de titres vieux, au mieux, d’une cinquantaine d’années. Richard Thompson, qui plaisante parfois mais pas avec la musique, leur a parlé de chansons italiennes de la fin de la Renaissance et de chansons retranscrites dans un manuscrit ecclésiastique anglais du treizième siècle. Bien sûr, Playboy n’a pas publié sa liste. Mais Richard Thompson en a tiré la matière d’un spectacle. Puis d’un live (un DVD et deux CDs). Il y interprète 13 chansons qui vont de « Sumer is incumen in », une chanson de 1260 après Jésus-Christ (à peu de choses près), trouvée dans un manuscrit conservé à la British Library, à « 1985 », une chanson du groupe de punk-rock éthylique texan Bowling for soup, écrite en 2004. Au passage, il revisite une chanson de l’Italien Orazio Vecchi écrite à la fin du seizième siècle, une chanson de marins et une chanson de mineurs, aucune chanson des Beatles (tant mieux) mais une chanson des Kinks (belle preuve de bon goût), aucun standard du folk nord-américain mais un boogie de la Nouvelle Orléans … et, au final, une chanson de Karl Sandberg et Remi Yacoub, écrite pour Britney Spears, qui devient soudain écoutable.
Deux choses étonnent à l’écoute des disques : le naturel et la légèreté de ce projet très réussi. Richard Thompson chante et joue de la guitare comme sur ses derniers albums. Que certains titres aient plus de six siècles se remarque à peine. Et le tout est traité avec un humour délicieusement british, du dessin de la pochette à la présentation des titres. Il ne s’agit pas pour l’artiste et ses deux acolytes (Judith Owen au chant et au piano et Debra Dobkin au chant et aux percussions) d’assommer le spectateur mais de lui faire apprécier quelques chansons dont il ignorait probablement tout, avec une modestie et un plaisir partagé évidents. On imagine mal l’effroyable mille-feuille pesant et vaniteux qu’aurait donné ce même projet entre les mains d’un artiste français reconnu …