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28 novembre 2006

Une époque formidable ...

Est-il encore possible de dire qu’on vit une époque formidable sans arborer un rictus ironique ? Arthur H ose dans le dernier numéro de Vibrations. Et il a raison. Bien sûr, l’égoïsme et l’hystérie gagnent du terrain quasiment partout … mais, musicalement … Ah, musicalement, il y a tant à entendre ... Nicolas Repac agite ses samples, revisitant Debussy et Satie pour Arthur H., la musique malienne pour Manani Keita et les big bands pour ses propres projets. Abd Al Malik écrit des chansons à pleurer de bonté. Depuis combien de temps n’avait-on pas entendu parler d’amour avec autant d’humanité ? Kurt Wagner a survécu à son cancer de la mâchoire et, comme dirait Abd Al Malik, il nous « piétine le cœur » de sa voix mate sur le nouvel album de Lambchop. Les orgues de Groundation grognent et grondent comme s’ils se savaient les derniers détenteurs du feu sacré. Marisa Monte sort deux par deux des albums d’un classicisme infiniment particulier. Danyel Waro et Titi Robin dialoguent comme s'ils venaient de se rencontrer aux Saintes-Maries de la Mer. Le monde du folk bouillonne d’idées et d’audaces nouvelles. Musicalement au moins, on vit une époque formidable.

09 novembre 2006

Michto ! Michto !

« Michto ! Michto ! » s’écriait à tout bout de champ le héros de Gadjo Dilo. On aimerait tous être dans cet état d’éternel émerveillement mais novembre n’y est pas propice. Surtout ce mois de novembre, assourdi par le changement d’heure et les premiers froids. Parlons de moi, si ça ne vous dérange pas : je vous avoue que je suis totalement débordé par un boulot qui s’enfuie en courant et que je m’essouffle à essayer de rattraper. Et la recherche de petits chemins sur les côtés pour y marcher à mon pas me prend beaucoup de temps sans, pour l’instant, laisser entrevoir des lendemains qui chantent juste. D’où une raréfaction de mes messages sur ce blog … Mais il reste des raisons de jubiler, comme ce « Michto maloya », rencontre qu'on espère en apesanteur entre Danyel Waro, le bluesman de la Réunion, et "Titi" Robin, gitan d’Angers dangereusement internationaliste. Ce sera à Aulnay-sous-Bois le 24 novembre et à Saint-Denis le 3 décembre. J’y serai et, si je suis transporté, j’y claironnerai moi aussi « Michto ! Michto ! ».

04 octobre 2006

Monstres sacrés

Trois concerts, trois monstres sacrés (ou presque), tel était le programme du week-end dernier.
Vendredi soir, c’était Pierre Akendengué qui était sur la scène de l’Elysée Montmartre. Dans l’indifférence presque générale, tant la publicité pour ce concert avait été mal faite. Peu importe, c’était bien l’auteur d’ « Africa Obota », d’ « Epuguzu », d’ « Oma Ayiya », soit quelques unes des plus belles chansons africaines du siècle dernier, qui se trouvait face à nous, assis sur une chaise une guitare sur les genoux, nous distinguant mal derrière ses lunettes épaisses mais nous écoutant, savourant nos réactions lorsque nous reconnaissions les premières notes d’un morceau ou lorsque nous riions d’une allusion à l’actualité glissée dans un morceau écrit en 1970. Un monstre sacré, un vrai, vénéré dans son pays, entré dans la légende mais, au fond, toujours contemporain et toujours vulnérable …
Samedi soir, c’était Danyel Waro qui fêtait la sortie de son nouvel album au New Morning. Danyel est un monstre sacré lui aussi. Pour les Réunionnais, il représente le maloya, cette plainte dansante qui les ramène à leurs racines. Pour les autres, il représente la poésie faite rythme. Comme d’habitude (c’est la troisième fois que je le voyais en moins d’un an), il s’est donné sans compter. C’est même sa technique de chant : tout sortir d’un coup, sans rien calculer, sans craindre de ne pas arriver à la fin du vers. Une technique unique et fascinante.
Dimanche après-midi, c’était Burhan Oçal qui tentait de se faire passer pour un monstre sacré du Bosphore. D’un regard de braise valsant au dessus d’une moustache de séducteur d’antan, il dirigeait un orchestre d’une vingtaine d’excellents musiciens turcs au Cirque d’Hiver. Lui-même remarquable joueur de derbouka, il s’est malheureusement révélé un chanteur sans charisme et, étonnamment, un piètre batteur. Désolé, monsieur Oçal, mais c’est raté, on ne vous considérera pas ici comme un monstre sacré …