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12 décembre 2006

A voté !

Voilà, c’est fait. J’ai glissé le bulletin des Victoires de la Musique dans une enveloppe. Et mon palmarès est ….
Artiste interprète masculin de l’année : Dominique A
Artiste interprète féminin de l’année : Emilie Simon
Artiste révélation du public de l’année : Abd Al Malik
Révélation scène de l’année : Ministère des Affaires Populaires
Album révélation de l’année : « Les vivants » de Dupain
Album de variétés de l’année : « Obok » de Gérard Manset
Album pop rock de l’année : « Taormina » de Jean-Louis Murat
Album de musiques urbaines de l’année : « Identité en crescendo » de Rocé
Album de musiques du monde de l’année : « Grin n syèl » de Danyel Waro
Album de musiques électroniques de l’année : « Lunatico » de Gotan Project
Bande originale de l’année : « Transylvania » de Tony Gatlif
Chanson de l’année : « Louxor, j’adore » de Katerine / « Sous le piano de ma mère » de BabX / « T’es belle » de Padam.
Spectacle musical / la tournée de l’année : Thomas Fersen
Vidéo-clip de l’année : « Marly-Gomont » de Kamini
DVD musical de l’année : « Showtime » d’Arthur H
J’avoue que je regrette déjà certains choix. C’est la malédiction des élections : on est amené à s’exprimer sur des sujets qu’on connaît mal (le clip ou le DVD de l’année, alors que je ne regarde pas la télé) ou à se déterminer en fonction de critères très fluctuants (sera-t-on assez nombreux à voter pour Rocé pour que ce soit utile ?) …
La question amusante est : combien de mes choix seront confirmés par les autres électeurs ? Trois ou quatre, au maximum. Zéro, plus probablement.
Résultat le 10 mars 2007 sur France 2, en direct du Zenith.

01 décembre 2006

La gravité

La chanson française aurait-elle, sans que personne ne s’en rende compte, été contaminée par le gangsta rap ? Textes d’une noirceur sans fond dits d’une voix atone, le regard à terre … Les valses tristes de Da Silva et de Joseph d’Anvers (pour ne citer que deux chanteurs parmi tous ceux que j’écoute pour remplir mon devoir d’électeur des Victoires de la Musique) donnent l’impression d’avoir été enregistrées juste avant de se jeter sous le métro. C’est bien sûr l’effet Miossec : la théâtralisation et la systématisation d’un mal-être que l’on sait être l’une des choses les mieux partagées en France. Mais le parallèle avec le rap permet de remettre les choses à leur place. Un chagrin d’amour est certes un moment difficile mais, si on le compare à un passage à tabac dans un poste de police, à une expulsion du pays où on a grandi ou à une addiction au crack, il devrait être possible de relativiser. « Je viens d’un lieu où chacun se complait à être grave » scande Abd Al Malik, pour évoquer la cité du Neuhoff, à Strasbourg. Si un peu de dédramatisation est possible au pied des tours, pourquoi serait-ce impossible dans les cafés confortables des Abbesses ?

P.S. En explorant la chanson française telle qu’elle s’est chantée en 2006, je découvre des merveilles … Avez-vous entendu « Coming out » de Alexis HK ? « Le chercheur d’or » d’Arthur H ? Le live de Thomas Fersen ? « Porto » de Bertrand Belin ? « J’ai changé » d’Albin de la Simone ? « L’enfant soldat » de Gérard Manset ? « Les vivants » de Dupain ? « L’horizon » de Dominique A. ?

28 novembre 2006

Une époque formidable ...

Est-il encore possible de dire qu’on vit une époque formidable sans arborer un rictus ironique ? Arthur H ose dans le dernier numéro de Vibrations. Et il a raison. Bien sûr, l’égoïsme et l’hystérie gagnent du terrain quasiment partout … mais, musicalement … Ah, musicalement, il y a tant à entendre ... Nicolas Repac agite ses samples, revisitant Debussy et Satie pour Arthur H., la musique malienne pour Manani Keita et les big bands pour ses propres projets. Abd Al Malik écrit des chansons à pleurer de bonté. Depuis combien de temps n’avait-on pas entendu parler d’amour avec autant d’humanité ? Kurt Wagner a survécu à son cancer de la mâchoire et, comme dirait Abd Al Malik, il nous « piétine le cœur » de sa voix mate sur le nouvel album de Lambchop. Les orgues de Groundation grognent et grondent comme s’ils se savaient les derniers détenteurs du feu sacré. Marisa Monte sort deux par deux des albums d’un classicisme infiniment particulier. Danyel Waro et Titi Robin dialoguent comme s'ils venaient de se rencontrer aux Saintes-Maries de la Mer. Le monde du folk bouillonne d’idées et d’audaces nouvelles. Musicalement au moins, on vit une époque formidable.