une vie qui est à elle seule un chapitre de l’histoire de la musique du vingtième siècle …


une vie qui est à elle seule un chapitre de l’histoire de la musique du vingtième siècle …


cet hiver, n’a rien d’un grand carnassier. Aucune présence, un anglais approximatif, un souffle un peu court, … son album est peut-être plaisant mais le petit Fauve ne semble pas encore prêt à s’aventurer hors des studios.
et que j'aime les mélanges moi aussi, tout comme Farid, je vais porter ton (votre) attention sur un disque mystérieux dont personne, dans la critique musicale nationale autorisée, n'a parlé. En tout cas, je n'en ai vu fait mention nulle part. Alors voilà, il s'agit de "the world is gone" par Various (ou Various Production). C'est ni plus ni moins que le futur de la musique urbaine dans un sens Anglo-centriste. Souvenez-vous, en 1991 Massive Attack sort "Blue Lines", soit l'album manifeste du Trip-Hop. L'album de Various est de cet acabit (si, si je vous assure... j'abuse, mais il y a de ça tout de même). Various, c'est un collectif de musiciens (blancs ? Noirs ? les deux ?) qui avancent masqués, incognitos (comme à la glorieuse période de le techno... renember, Underground Resistance...). Ils pratiquent une musique sub-urbaine (comme on dirait sub-culture) typiquement britannique : le Grime, qui regroupe tout un tas d'artistes indépendants et de sous-genres (dub step, sino grime, two step... etc.). En gros, c'est la mutation complexe de ce que l'on a appelé le U.K. Garage. Soit la rencontre de la drum & bass, du garage et du hip-hop. Vous ne comprenez rien à rien ? C'est pas grave, just listen ! Le Grime (puisque c'est l'étiquette officielle), c'est le hip-hop des anglais, une musique urbaine sombre, sale et noire (d'où le terme), plutôt lente, avec des sons électroniques vraiment "pauvres" (les dj du mouvement adorent les sons de consoles de jeux vidéos par exemple, et les grosses basses). Parfois, ça sonne dub, parfois ça se rapproche
du r'n'b, mais un r'n'b pas du tout glamour et fun. Les artistes du mouvement sont plutôt jeunes et prolos. C'est pour ça aussi que le grime est la seule tendance vraiment révolutionnaire, nouvelle, moderne du moment. Encore une fois, nos amis anglais prouvent que c'est dans le mélange des genres et de l'échantillonnage qu'on crée du neuf. De l'autre côté de la Manche, des artistes comme The Streets, Dizzy Rascal, M.I.A. prouvent que le Grime peut-être commercialement porteur. Le gros de la production reste avant tout underground et axé sur la culture du vinyle (et du web... trouvez les blogs, il y en a plein qui suivent de près l'évolution rapide du mouvement). Comme Massive Attack en son temps, qui a su exploser les fondements de l'Acid Jazz pour créer un style propre, Various Production transcende son propos en mêlant les fondamentaux du Grime au... revival folk actuel ! Et oui, la moitié des morceaux de l'album sont en fait des morceaux folks chantés par de jeunes femmes qu'on imagine diaphanes. En mêlant rythmes urbains arides à la douceur de la geste folk, Various s'invente un style alien qui devrait (on l'espère) inspirer plus largement d'autres artistes. Ne cherchez plus, le futur de la musique est là (en toute mauvaise fois), sous les belles pochettes dessinées du collectif incognito (toutes aussi étranges et à contre-courant
que leur musique). Si l'album, signé sur un "gros" indépendant (XL), est facilement disponible, vous serez un sacré veinard en dénichant la tripoté de 45 t. et de maxi autoproduits qu'ils ont déjà à leur actif (épuisés et introuvables). N'attendez pas une année de plus pour écouter et découvrir Various Production... avant que tout le monde n'en parle !Vous ne le regretterez pas (et ça fait toujours bien dans les dîners branchés). Définitivement un son qui a du sens."
f, c'est le disque de Pienza Ethnorchestra "Indiens d'Europe".Oui, c'est un de mes disques préférés cette année, non que je me sois converti au Jazz, mais simplement parce que j'adore les mélanges, et qu'avec ce disque j'en prends plein la gueule et les oreilles et ça fait du bien. D'ailleurs, ce choix, c'est aussi pour promouvoir un Label 12 Prod, qui dans l'indifférence générale est en train de produire un répertoire qui fera des étincelles tôt ou tard. Voili, voilou, un avis qui ne vaut rien... tant il est vrai que ce qui m'a interessé cette année, ce ne sont pas les albums des majors (j'aurai bien écouté Abd Al Malik ou Katerine), mais les petites initiatives, les auto-prods, comme celles de Karlit et Kabok, Grrzzz, et bien entendu Kamini !"


Les valses tristes de Da Silva et de Joseph d’Anvers (pour ne citer que deux chanteurs parmi tous ceux que j’écoute pour remplir mon devoir d’électeur des Victoires de la Musique) donnent l’impression d’avoir été enregistrées juste avant de se jeter sous le métro. C’est bien sûr l’effet Miossec : la théâtralisation et la systématisation d’un mal-être que l’on sait être l’une des choses les mieux partagées en France.
Mais le parallèle avec le rap permet de remettre les choses à leur place. Un chagrin d’amour est certes un moment difficile mais, si on le compare à un passage à tabac dans un poste de police, à une expulsion du pays où on a grandi ou à une addiction au crack, il devrait être possible de relativiser. « Je viens d’un lieu où chacun se complait à être grave » scande Abd Al Malik, pour évoquer la cité du Neuhoff, à Strasbourg. Si un peu de dédramatisation est possible au pied des tours, pourquoi serait-ce impossible dans les cafés confortables des Abbesses ?
Lassy King Massassy, Al Peco, Awadi, Dixon (de Tata Pound), … On retrouve en effet dans ce deuxième volume de « Africa wants to be free » quelques uns des héros de la résistance africaine à toutes les formes de recolonisation (Tiken Jah Fakoly, Awadi, …) et ceux qui sentent le besoin d’une décolonisation (du monde, des esprits, …) ici. Et toujours tout un lot de titres introuvables en France : le tubesque « Dépendance » de Kajeem (Côte d’Ivoire), le très littéraire « La victoire des vaincus » d’Apkass et Hamé,
l’un des brûlots des prolixes Marseillais Duval MC, …
Les orgues de Groundation grognent et grondent comme s’ils se savaient les derniers détenteurs du feu sacré. Marisa Monte sort deux par deux des albums d’un classicisme infiniment particulier. Danyel Waro et Titi Robin dialoguent comme s'ils venaient de se rencontrer aux Saintes-Maries de la Mer. Le monde du folk bouillonne d’idées et d’audaces nouvelles. Musicalement au moins, on vit une époque formidable.
Jon Auer, l’ancien chanteur des Posies, y jouait dimanche soir. Mais, de toutes façons, ce bar est devenu une telle institution avec son ambiance "chambre d’étudiant étranger qui se meuble chez Emmaüs", ses découvertes musicales et ses silhouettes familières (on a toujours l’impression qu’on va croiser l’un des Herman Düne dans le couloir), qu’il vaut le détour à lui tout seul.

Eventuellement en contrepartie d’un abonnement à un site. Pour avoir une idée de ce que donne cette consommation culturelle instantanée et illimitée, vous pouvez, si vous avez une bonne connexion à internet, tester l’offre de fnac.com : l’écoute en direct de plus de 80 000 albums en échange d’un abonnement fixé à 1 euro le premier mois et à 9,99 euros les mois suivants. C'est vertigineux (au moins autant que la connerie de Lagerfeld) et ça amène des milliers de questions ...
Mais il reste des raisons de jubiler, comme ce « Michto maloya », rencontre qu'on espère en apesanteur entre Danyel Waro, le bluesman de la Réunion, et "Titi" Robin, gitan d’Angers dangereusement internationaliste. Ce sera à Aulnay-sous-Bois le 24 novembre et à Saint-Denis le 3 décembre. J’y serai et, si je suis transporté, j’y claironnerai moi aussi « Michto ! Michto ! ».
La phrase est belle. Elle est mathématiquement exacte. Le problème est qu’elle est humainement fausse. Il est sûr qu’un peuple qui resterait uni ne se verrait jamais déposséder de ses droits. Mais personne ne vit au conditionnel : le peuple est constamment désuni. A croire même que « le » peuple n’existe pas, qu’il est plus juste de parler des peuples. Et encore ... Bref, cette belle pochette commençant à générer des idées noires en série, il était temps d’en changer.
Il résume la composition de ce groupe d’un soir : Ray Lema en chef d’orchestre et en compositeur principal, accompagné de Jacques Higelin, de Lokua Kanza, de Tom Novembre, de Manu Dibango, d’Alain Bashung, de Charlélie Couture, de Willy N’For et d’Emmanuel Bex. Le disque a été enregistré en 1987. Autre époque, à nouveau. Mais quelques années passeront certainement avant qu’on ne s’en lasse …
La course présidentielle a été lancée depuis longtemps. Mais, cette fois, c’est le signal du départ pour la course à un poste de conseiller du Ministre de la Culture du gouvernement de Sarkozy qui vient de retentir. Que le plus fourbe gagne …



les journalistes s’attendaient certainement à ne recevoir qu’une liste de titres vieux, au mieux, d’une cinquantaine d’années. Richard Thompson, qui plaisante parfois mais pas avec la musique, leur a parlé de chansons italiennes de la fin de la Renaissance et de chansons retranscrites dans un manuscrit ecclésiastique anglais du treizième siècle. Bien sûr, Playboy n’a pas publié sa liste. Mais Richard Thompson en a tiré la matière d’un spectacle. Puis d’un live (un DVD et deux CDs). Il y interprète 13 chansons qui vont de « Sumer is incumen in », une chanson de 1260 après Jésus-Christ (à peu de choses près), trouvée dans un manuscrit conservé à la British Library, à « 1985 », une chanson du groupe de punk-rock éthylique texan Bowling for soup, écrite en 2004. Au passage, il revisite une chanson de l’Italien Orazio Vecchi écrite à la fin du seizième siècle, une chanson de marins et une chanson de mineurs,
aucune chanson des Beatles (tant mieux) mais une chanson des Kinks (belle preuve de bon goût), aucun standard du folk nord-américain mais un boogie de la Nouvelle Orléans … et, au final, une chanson de Karl Sandberg et Remi Yacoub, écrite pour Britney Spears, qui devient soudain écoutable.
Le grand chanteur sénégalais n’a, à ma connaissance, aucun lien avec Woody Guthrie, Pete Seeger ou Phil Ochs, mais, avec sa guitare acoustique et sa voix qui laisse entendre toute une vie le temps de quelques notes, il est lui aussi un superbe concentré d’humanité.
Il n’est pas seul avec son banjo mais il est parfait pour les premières minutes de la journée ...
Là encore, l’hagiographie n’était pas loin. Mais, après tout, notre époque a bien le droit d’avoir ses modèles et rien ne nous oblige à les choisir sur un terrain de football ou sur un plateau de télévision. Thomas Sankara, le capitaine qui tenta de lutter contre la fatalité au Burkina Faso entre 1984 et 1987, était donc – n’en déplaise à ceux qui croient que cela n’existe pas, que l’être humain est trop faible pour cela – un héros, une sorte de saint laïc.
qui, en direct, rendait hommage sur un dub apaisé au père de Thomas Sankara, décédé l’été dernier …
Les 37 salariés de sa plate-forme logistique du boulevard Mac Donald risquent de perdre leur emploi. Pas de quoi inquiéter une chaîne de magasins qui s’est déjà bâtie une solide réputation de broyeuse de mouvements sociaux en licenciant un délégué syndical pour « harcèlement » d’un supérieur hiérarchique, puis en licenciant ceux qui l’avait soutenu, dont l’un pour avoir … mangé la pizza d’un collègue.
assis sur une chaise une guitare sur les genoux, nous distinguant mal derrière ses lunettes épaisses mais nous écoutant, savourant nos réactions lorsque nous reconnaissions les premières notes d’un morceau ou lorsque nous riions d’une allusion à l’actualité glissée dans un morceau écrit en 1970. Un monstre sacré, un vrai, vénéré dans son pays, entré dans la légende mais, au fond, toujours contemporain et toujours vulnérable …
Pour les autres, il représente la poésie faite rythme. Comme d’habitude (c’est la troisième fois que je le voyais en moins d’un an), il s’est donné sans compter. C’est même sa technique de chant : tout sortir d’un coup, sans rien calculer, sans craindre de ne pas arriver à la fin du vers. Une technique unique et fascinante.
Il manque l’étincelle guerrière qui jusqu’alors transformait le groupe en un formidable big band africain, capable de superposer le son d’une douzaine d’instruments à un rythme d’enfer et de redonner envie de se battre au plus désabusé des opposants à Mugabe. Le disque n’est pas désagréable, certains titres supportent même bien ce sous régime. Il est simplement en deçà de ce dont on rêvait …

Les pragmatiques diront que Cesaria n’a pas la choix, si elle veut être vue des Français, que cette émission n’est honnêtement pas plus détestable que celles de Fogiel (l’agressivité faite nain), Ardisson (et son incontournable question sur la sodomie), Ruquier (de plus en plus racoleur) ou Bern (incapable de prononcer un nom africain correctement, on en a encore eu la preuve cette semaine avec le passage éclair d’Akendengué dans son émission). Les justes diront qu’elle cautionne un jeu qui creuse encore le fossé entre le public et les vrais musiciens. Entre les deux, de balancer mon cœur devrait cesser.